Conférences

La guerre est-elle inscrite dans la nature humaine ?

Par Christophe Darmangeat
Anthropologue social

(CNU section 20)

Sciences économiques

Enseignant-chercheur

Maître de conférences, habilité à diriger des recherches

Université Paris Cité

(ex-Université de Paris, ex-ex-Diderot, ex-ex-ex-Paris 7)

Depuis des décennies, préhistoriens et anthropologues se divisent sur l’ancienneté de la guerre. Constitue-t-elle une innovation relativement récente, liée à la sédentarité et à l’accumulation de richesses ? Ou trouve-t-elle au contraire son origine dans les comportements les plus ancestraux de notre espèce ? Les données issues de l’archéologie, de la primatologie, mais aussi et surtout de l’ethnologie, permettent d’aborder cette enquête sous un angle nouveau. Elles montrent en particulier d’une part que tous les conflits collectifs ne sont pas des guerres, d’autre part qu’ils sont loin d’être systématiquement motivés par l’acquisition ou la défense de ressources. Et s’il est probable que les hostilités entre groupes humains sont fort anciennes, il n’en découle pas pour autant que la guerre serait inéluctable.

Christophe Darmangeat est anthropologue social, enseignant-chercheur à l’Université Paris Cité, commissaire scientifique de l’exposition Richesse et pouvoirs à la préhistoire, programmée en 2027 au Musée de l’Homme. Il a mené ses recherches sur des questions transversales, telles que les origines de la domination masculine ou celle des inégalités de richesse. Plus récemment, il a exploré la diversité des conflits collectifs dans les sociétés humaines dans son dernier ouvrage Casus belli. La guerre avant l’État (La Découverte, 2025).