Suivi des herbiers de zostère naine : un troisième relevé estival riche en observations
Publié par Seaquarium Institut Marin, le 3 septembre 2026
Cette semaine, Mathilde et Camille, médiatrices scientifiques au Seaquarium Institut Marin, se sont rendues sur les quatre sites étudiés dans le cadre du suivi des herbiers de zostère naine (zostera noltei) au Grau-du-Roi : plage Sud, plage Nord, secteur Centre et secteur situé face au Seaquarium Institut Marin.
Pour ce troisième suivi réalisé au cours de l’été, les équipes été accompagnées pour ces relevés de Delphine Marobin de l’Entente du Golfe d’Aigues-Mortes, venue participer aux observations de terrain.
Six suivis par an pour observer l’évolution de l’herbier
Le Seaquarium Institut Marin réalise six suivis annuels afin de documenter l’évolution de ces herbiers et de la biodiversité qu’ils abritent. Le protocole repose notamment sur l’utilisation d’un haveneau et la réalisation de deux transects par herbier. Les équipes mesurent la profondeur et la taille des feuilles de zostère, les paramètres météo et la salinité, puis identifient et dénombrent les espèces rencontrées au sein de l’herbier. Ces relevés répétés permettent de disposer de données comparables dans le temps et de suivre les évolutions de cet écosystème, site par site et au fil des saisons.

De nombreux poissons observés dans les herbiers
Cette période de l’année a notamment été marquée par une forte présence de poissons.
Les équipes ont observé plusieurs crénilabres, dont un spécimen mesuré à 22 cm, ainsi que des gobies et des blennies paon (Salaria pavo). La présence de nombreux juvéniles est particulièrement intéressante : elle illustre le rôle des herbiers comme refuge et zone de nurserie pour les jeunes poissons. Sur la plage Nord, une anguille de 11 cm a également été identifiée.






D’autres observations témoignent de la diversité du milieu, notamment un hydrozoaire du genre Eudendrium sp. sur la plage Sud, ainsi que de multiples pontes de gastéropodes.


Ces observations rappellent que la zostère n’est pas une algue, mais bien une plante marine, qui forme un habitat structurant pour de nombreuses espèces. Par son système racinaire, elle participe notamment à la stabilisation des sédiments, tandis que ses feuilles contribuent à la filtration et à l’oxygénation du milieu.
Une « prairie sous-marine » découverte à la surface
Un phénomène particulier a également été observé lors de ce suivi : à certains moments, un étonnant effet de marais a laissé apparaître la cime des herbiers à la surface de l’eau, donnant temporairement l’impression d’une véritable « prairie sous-marine » hors de l’eau.


Le phénomène, observé pendant quelques jours, pourrait être lié aux conditions météorologiques récentes et aux variations du niveau d’eau. Vent, précipitations, cycle lunaire et conditions locales peuvent en effet influencer temporairement la hauteur d’eau sur ces secteurs peu profonds. À ce stade, les observations ne permettent toutefois pas d’associer ce phénomène à une seule cause. Ce type d’observation fait également partie de l’intérêt d’un suivi régulier : documenter ce qui se passe sur le terrain, au-delà d’une simple photographie ponctuelle du milieu.
Observer pour mieux comprendre
À travers ces six campagnes annuelles, le Seaquarium Institut Marin poursuit un travail de connaissance, de sensibilisation et de documentation des petits fonds côtiers du Grau-du-Roi.


La répétition des observations permet de mieux comprendre la dynamique des herbiers de zostère, leur biodiversité et les variations qu’ils peuvent connaître au cours de l’année. Des données qui contribuent également à sensibiliser les usagers et les visiteurs à l’importance de ces habitats discrets, mais essentiels à la vie du littoral.
Pour en savoir + sur ce suivi
SUIVI DES HERBIERS MARINS AVEC LE SEAQUARIUM INSTITUT MARIN
Pour en savoir + sur le suivi de début de saison :
