À Sète, scientifiques et élus face aux futurs de la Méditerranée

Publié par L'Ifremer en Méditerranée, le 25 septembre 2026

Une étape méditerranéenne  du « Tour de France de l’Ifremer – De la connaissance scientifique à la décision publique pour l’Océan » s’est tenue à la station Ifremer de Sète le lundi 21 septembre. Elle a posé une question centrale : comment articuler connaissance scientifique, réalités économiques, attentes sociales et décision publique face aux transformations rapides de la Méditerranée ?

Séquence du Tour de France de l'Ifremer à Sète : « Souveraineté alimentaire : la science en appui aux filières maritimes ». Ifremer, Thomas Pellissier

Autour de la contribution des filières maritimes à la souveraineté alimentaire, la matinée a suivi un récit scientifique en cinq temps :

  • comprendre les transformations du golfe du Lion et leurs effets sur les pêcheries ;
  • construire l’avenir en confrontant futurs possibles et souhaitables ;
  • cohabiter dans un espace maritime contraint ;
  • produire demain en explorant les trajectoires aquacoles méditerranéennes ;
  • enfin, valoriser pour construire des filières résilientes et économiquement viables.

Alors même que Catherine Chabaud, ministre chargée de la Mer, était présente sur le territoire, dans un contexte de forte tension pour la pêche méditerranéenne, cette séquence rappelle toute la difficulté de construire du long terme dans un court terme extrêmement vulnérable, marqué par des crises, des contraintes immédiates et une nécessité d’adaptation à des transformations écologiques profondes.

Des élus échangent avec des scientifiques de l'Ifremer. Ifremer, Thomas Pellissier

C’est dans cet écart entre urgence, connaissance disponible et capacité de transformation que la science prend toute sa valeur : celle de documenter les trajectoires, d’expliciter les incertitudes, de tester les scénarios et d’éviter que la gestion du présent ne ferme les options de demain.

Les échanges ont aussi fait apparaître une attente forte des responsables publics : celle de mieux mobiliser les connaissances scientifiques et de jouer pleinement leur rôle de médiation entre science, professionnels et société civile. L’enjeu est de transformer la connaissance en éléments opérationnels pour l’action, au moment où les options sont encore ouvertes et les arbitrages se construisent. Mais la science ne se substitue pas à la décision politique. Elle lui apporte ce qui est indispensable pour agir dans la durée : des faits établis, des incertitudes explicitées, des scénarios documentés et un socle commun de connaissance.

Cette étape a aussi montré la force de la communauté scientifique méditerranéenne, représentée lors de cette séquence par les équipes des UMR MARBEC et IHPE (sous tutelles de l’Ifremer et d’autres institutions scientifiques et académiques partenaires).

Rapprocher la science du moment de la décision, sans la confondre avec elle, et donner aux territoires les moyens de penser l’avenir au-delà de l’urgence du présent : c’est toute l’ambition de ce Tour de France de l’Ifremer !