Déclin de la palourde : l'Université de Montpellier, l'Ifremer et deux artistes lancent le projet CLAM-EU pour mobiliser les territoires lagunaires par l'art et la science
Publié par L'Ifremer en Méditerranée, le 21 juillet 2026
L'Université de Montpellier, l'Ifremer, la peintre Françoise Dagorn et la pianiste Stéphanie Elbaz lancent le projet CLAM-EU (« From ecological collapse to collective renewal : a participatory art–science demonstrator for a resilient blue economy in Europe's lagoons »), un démonstrateur participatif art–science face au déclin de la palourde européenne (Ruditapes decussatus) dans la lagune de Thau et à ses conséquences socio-économiques pour la pêche artisanale.
Le projet est mené en partenariat avec les artistes Françoise Dagorn (peinture) et Stéphanie Elbaz (piano), ainsi qu'avec Franck Lagarde, chercheur à l'Ifremer, et Bastien Mérigot, maître de conférences à l'Université de Montpellier. Il associe étroitement les pêcheurs, les citoyens, les étudiants et les acteurs du territoire, notamment le Lycée de la mer de Sète, le Syndicat Mixte du Bassin de Thau et la Prud'homie de l'étang de Thau.
D'une durée de six mois (juillet à décembre 2026), CLAM-EU est financé à hauteur de 50 000 € dans le cadre du programme européen Horizon Europe – Mission Ocean, via l'appel à projets PartArt4OW (Participatory Art For Society Engagement with Ocean and Water). L'Université de Montpellier en est l'établissement porteur.
CLAM-EU : une approche participative face au déclin de la palourde européenne
Longtemps considérée comme « l'or gris » des pêcheries méditerranéennes, la palourde européenne connaît un fort déclin dans la lagune de Thau. Cette évolution fragilise une ressource historique pour les pêcheurs et l'identité des communautés côtières. Un phénomène observé dans treize des dix-sept systèmes côtiers et lagunaires étudiés à l'échelle européenne.
Face à ce constat, CLAM-EU associe recherche scientifique et création artistique afin de mieux comprendre ces évolutions, favoriser le dialogue entre les acteurs et encourager une mobilisation collective en faveur d'une économie bleue plus résiliente.
Un projet mêlant expérimentation scientifique et création artistique
Le volet scientifique du projet étudiera le potentiel du procédé Careshell, un substrat composé de coquilles d'huîtres broyées conditionnées dans des filets de nylon, déjà expérimenté avec succès au Japon, pour favoriser l'abondance, la croissance, la survie et le recrutement de la palourde européenne dans la lagune de Thau.
Cette expérimentation participative, conduite au Lycée de la mer de Sète avec les pêcheurs, les étudiants et les acteurs locaux, sera coordonnée par Franck Lagarde (Ifremer), tandis que Bastien Mérigot (Université de Montpellier) assurera les analyses statistiques et l'interprétation des résultats.
En parallèle, la pianiste Stéphanie Elbaz animera des ateliers où les participants fabriqueront des instruments de percussion avec des coquilles de palourdes et exploreront la musique par les mains, les pieds, la voix, le souffle et le mouvement. Une performance collective associera ces instruments à un piano préparé. La peintre Françoise Dagorn proposera des ateliers inspirés du dispositif CareShell, de cartes marines, des articles scientifiques et des coquilles de palourdes. Par la déconstruction et la recomposition, les participants créeront des œuvres collectives traduisant leur perception sensible du territoire, au croisement de l’art et de la science.
Des restitutions ouvertes au public
Le projet donnera lieu à une conférence scientifique, un concert et une exposition au Pôle Universitaire Michèle Weil de Sète le 3 décembre 2026, suivis d'une exposition temporaire jusqu'au 11 décembre, avant une présentation lors des PartArt4OW Demo Days à Barcelone.
Au-delà de ces restitutions, CLAM-EU ambitionne de développer une méthodologie art-science transférable à d'autres écosystèmes marins européens. En réunissant scientifiques, artistes, pêcheurs, étudiants et citoyens autour d'un même territoire, le projet illustre la manière dont la recherche, la participation citoyenne et la création artistique peuvent contribuer ensemble à la préservation des écosystèmes côtiers.
Informations pratiques :
Date : juillet à septembre 2026
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